
Mercredi 19 Novembre 2025 : La Nuit des témoins
Chaque année, au cœur du mois de novembre, un phénomène saisissant envahit plusieurs grandes villes de France : des monuments emblématiques se parent d’un rouge intense. Le Sacré-Cœur, même les façades de Notre-Dame de Paris ou de bâtiments civils, s’embrasent d’une lumière écarlate. Cette mise en scène n’est pas une célébration artistique, encore moins un événement festif. C’est un cri silencieux.
Celui de la Nuit des Témoins, organisée par l’AED — Aide à l’Église en Détresse,
pour rappeler la situation dramatique des chrétiens persécutés dans le monde.
Inspirée d’une initiative internationale baptisée #RedWeek, cette veillée unique mêle prière,
témoignages et mémoire. Son objectif : rompre le silence entourant les violences subies par les communautés chrétiennes, trop souvent marginalisées dans l’actualité.
L’AED, active dans plus de 138 pays, relève chaque année des centaines de cas d’enlèvements,
d’assassinats, de disparitions forcées, d’églises incendiées ou de discriminations administratives.
À travers cette nuit symbolique, l’association redonne un nom, un visage et une dignité à ces victimes.
La cérémonie suit un déroulé immuable, d’une grande sobriété. La lecture des noms des chrétiens tués au cours de l’année ouvre la veillée. Ces listes, parfois longues, ramènent le drame à l’échelle humaine : derrière chaque nom, une histoire, une famille, une vie interrompue. Une procession de portraits accompagne ce moment. Des bénévoles avancent, tenant entre leurs mains les photos de ces hommes et femmes tués pour leur foi. Posées près de l’autel, ces images incarnent la fragilité,
mais aussi la force intérieure de ceux que l’on voudrait faire taire.
Le cœur de la Nuit des Témoins repose sur les interventions de plusieurs invités venus du monde entier. Prêtres, religieuses, laïcs engagés, convertis ou catéchistes — certains parlent à visage découvert, d’autres doivent rester anonymes pour protéger leur famille. Ils viennent du Nigeria, d’Inde, d’Iran, de Chine ou du Pakistan. Leurs récits sont souvent bouleversants : enlèvements, menaces quotidiennes, villages détruits, églises fermées, vie clandestine… Même si derrière chaque histoire se lit aussi une profonde douleur, une authentique résilience les anime. Une force, parfois incompréhensible,
qui naît de la foi et de la solidarité des communautés.
Si les monuments s’illuminent en rouge, c’est pour rendre cette réalité visible.
Le rouge n’est pas seulement celui du sang versé : c’est celui du courage et du témoignage.
En enveloppant les bâtiments historiques, il oblige la ville à s’arrêter, à regarder, à s’interroger.
Le message est clair : ceux qui souffrent pour leur foi ne doivent pas être oubliés.
La Nuit des Témoins n’est pas un événement de tristesse mais d’espérance. Elle rappelle que la liberté religieuse n’est jamais acquise, qu’elle demeure fragilisée dans de nombreux pays. Elle invite aussi chacun à dépasser l’indifférence pour devenir témoin, à son tour, pour ceux qui continuent de croire dans les périls de la vie.
- Vers l’ AED : site de la fondation
- Soutenir l’ AED dans son soutien aux chrétiens persecutés : allez ici
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