👨🏼‍⚕️ Grève des médecins : un mouvement historique qui bouscule l’accès aux soins en France

La grève des médecins prend une tournure inédite en France depuis début décembre. Le mouvement, lancé officiellement le 3 décembre 2025, s’inscrit dans une contestation profonde contre le PLFSS 2026, que les professionnels jugent menaçant pour l’avenir de la médecine libérale. Les cabinets ferment progressivement, et les syndicats appellent à une mobilisation longue allant jusqu’au 5 au 15 janvier 2026. Cette contestation massive repose sur un constat partagé : le système de soins vacille, et les praticiens veulent tirer la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard.


Pourquoi la mobilisation explose maintenant

La colère des médecins s’enracine dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale 2026. L’Agence Anadolu explique que le texte introduit la possibilité, via l’article 24, de moduler unilatéralement certains tarifs d’actes, une mesure jugée profondément déstabilisante pour la médecine libérale (aa.com.tr).
Le PLFSS 2026 apparaît pour les syndicats comme une « rupture historique » : selon Pleine Vie, jamais une telle union syndicale n’avait été observée, et les organisations dénoncent une réforme qui « sonne le glas de la médecine libérale » (pleinevie.fr).

Depuis plusieurs mois déjà, les praticiens alertent sur la surcharge administrative, la pression sur les actes et la dégradation des conditions d’exercice. Les syndicats estiment que la réforme fragilisera encore davantage un système où l’accès aux soins est déjà tendu. Egora rapporte des propos de médecins dénonçant « une attaque sans précédent contre le système de santé » et appelant à se mobiliser dès le 3 décembre (egora.fr).


Des actions coordonnées et un calendrier de mobilisation inédit

La grève s’organise en plusieurs étapes. D’après Le Spécialiste, les syndicats appellent à fermer les cabinets du 5 au 15 janvier 2026, avec le mot d’ordre : « la médecine libérale ne répond plus » (lespecialiste.be).
Les actions ne se limitent pas à janvier. Elles commencent dans le Sud-Est dès le 3 décembre, avec la suspension du Dossier Médical Partagé, le renforcement des procédures administratives via Amelipro, ou encore l’appel à reporter tous les rendez-vous programmés à partir du 5 janvier.

La FMF confirme ce calendrier : suspension du DMP, demandes systématiques de validation des arrêts maladie, démissions administratives pour les praticiens proches de la retraite et une manifestation nationale prévue le 7 janvier à Paris (fmfpro.org).

Selon Sud Radio, le mouvement prend rapidement de l’ampleur, s’étendant bien au-delà du Sud-Est et gagnant l’ensemble du pays, avec une mobilisation décrite comme « sans précédent » (sudradio.fr).


Les enjeux profonds : préserver la médecine de proximité

La grève soulève une question clé : comment garantir l’accès aux soins alors que plus de 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant ?
Le Monde rappelait récemment que la crise des déserts médicaux s’aggrave, et que réguler l’installation ou rediriger des consultations vers les zones sous-dotées pourrait devenir incontournable si aucune solution structurelle n’est adoptée (lemonde.fr).

Les syndicats craignent que le PLFSS, loin d’améliorer la situation, pousse certains médecins à réduire leur activité, voire à quitter le territoire. TF1 rapportait déjà début novembre que 1 500 spécialistes envisageaient un « exil » temporaire à Bruxelles pour dénoncer les réformes envisagées (tf1info.fr).

Pour les médecins mobilisés, le PLFSS menace :

  • leur indépendance professionnelle,
  • l’équilibre économique des cabinets,
  • la qualité du suivi sur le long terme,
  • et la pérennité même de la médecine libérale.

Conséquences directes pour les patients et perspectives

Les premières conséquences se font déjà sentir. Le Tribunal du Net rapporte des milliers de rendez-vous annulés dès le 3 décembre, avec des SMS et mails d’annulation qui se multiplient dans tout le pays (letribunaldunet.fr).
Fermetures temporaires, reports massifs et saturation attendue des urgences marquent une situation tendue alors que l’hiver commence.

Les syndicats assurent néanmoins que les urgences vitales restent assurées. Leur objectif, affirment-ils, n’est pas de pénaliser les patients mais de protéger un système qui risque, selon eux, de s’effondrer s’il n’est pas réformé dans le bon sens.

Les discussions avec le gouvernement devraient s’intensifier dans les prochaines semaines. À court terme, aucun compromis n’a encore émergé, laissant planer la menace d’une mobilisation longue et d’un face-à-face tendu entre professionnels et autorités sanitaires.

Ce conflit s’annonce comme l’un des plus importants pour la santé en France depuis la création de la Sécurité sociale, et sa résolution déterminera la capacité du pays à préserver une médecine de proximité accessible et durable.


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Morgan Maury
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