
Les Bulgaria protests 2025 ont déclenché un séisme politique à Sofia.
En quelques jours seulement, les rues bulgares sont devenues lâĂ©picentre dâune contestation dâampleur historique. Face Ă cette mobilisation massive, marquĂ©e par des affrontements, des arrestations et une colĂšre sociale croissante, le gouvernement a pris une dĂ©cision spectaculaire : retirer intĂ©gralement le projet de budget 2026. Selon Reuters et AP News, ce retrait officiel a eu lieu le 2 dĂ©cembre 2025, sous la pression dâune contestation qui nâa cessĂ© de prendre de lâampleur. La Bulgarie face Ă la rue : âBulgaria protests 2025â contre le budget 2026.
Un vent de colÚre qui surprend les autorités
La contestation nâa pas Ă©clatĂ© soudainement. Depuis fin novembre, des signaux faibles apparaissaient. Les syndicats, les travailleurs du secteur public, les agriculteurs et mĂȘme les chauffeurs de taxi exprimaient dĂ©jĂ un profond mĂ©contentement. Cependant, personne ne sâattendait Ă une mobilisation aussi rapide et explosive.
Le 2 dĂ©cembre 2025, entre 60 000 et 100 000 personnes, selon le Courrier international, se sont rassemblĂ©es dans le centre de Sofia, selon AP News. Ce chiffre fait de cette journĂ©e lâune des plus importantes mobilisations depuis plus dâune dĂ©cennie dans le pays. La foule exigeait une seule chose : le retrait immĂ©diat du budget 2026, perçu comme injuste et socialement dangereux.
Un budget 2026 explosif
Pourquoi ce budget a-t-il mis le feu aux poudres ?
Le projet déposé par le gouvernement prévoyait :
- une augmentation du dividend tax,
- un durcissement des rĂšgles fiscales,
- des compressions budgétaires ciblant certains programmes sociaux,
- plusieurs mesures destinĂ©es Ă accĂ©lĂ©rer lâadoption de lâeuro dâici 2026.
Si ce dernier objectif Ă©tait saluĂ© par Bruxelles, il Ă©tait trĂšs mal reçu par les classes moyennes. Beaucoup estimaient que ces mesures allaient alourdir brutalement le coĂ»t de la vie, dĂ©jĂ fortement affectĂ© par lâinflation et la crise Ă©nergĂ©tique.
Ainsi, la population a vu ce budget comme un sacrifice imposé, sans concertation, alors que les conditions économiques restent fragiles.
Des affrontements violents au cĆur de la capitale
MalgrĂ© un dĂ©part globalement pacifique, les manifestations ont rapidement dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. Selon AP News, plusieurs groupes radicaux se sont infiltrĂ©s dans le cortĂšge. Des affrontements avec les forces de lâordre ont Ă©clatĂ© prĂšs du Parlement.
Les autoritĂ©s ont alors procĂ©dĂ© Ă 71 arrestations, certaines pour « actes de violence contre les forces de lâordre ». Des vidĂ©os diffusĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux montrent des scĂšnes de gaz lacrymogĂšne, de projectiles et dâinterventions musclĂ©es. Ces images ont rapidement circulĂ© en Europe, accentuant la pression internationale.
En parallÚle, Reuters rapporte que des dégùts matériels ont touché plusieurs bùtiments publics, dont un poste de police et des vitrines du centre-ville.

Le gouvernement contraint au recul
Face Ă la montĂ©e des tensions, le gouvernement nâa pas eu le choix. Le Premier ministre a annoncĂ© le retrait du projet de budget le 2 dĂ©cembre 2025, reconnaissant que le texte nâavait « plus aucun soutien social ».
Cette dĂ©cision marque un tournant important. Selon le Sofia Globe, le retrait partiel envisagĂ© initialement sâest transformĂ© en retrait complet aprĂšs les manifestations massives du 2 dĂ©cembre, jugĂ©es « sans prĂ©cĂ©dent ».
Le gouvernement sâest engagĂ© Ă prĂ©senter un nouveau budget « plus Ă©quilibrĂ© » dans les semaines suivantes.
Une crise politique plus profonde quâelle nâen a lâair
Cependant, le retrait du budget nâa pas calmĂ© toutes les tensions. Au contraire : il a ouvert une crise politique majeure.
Le 3 dĂ©cembre 2025, le prĂ©sident bulgare a appelĂ© Ă la dĂ©mission du gouvernement, estimant que celui-ci nâavait « plus aucune lĂ©gitimitĂ© » aprĂšs avoir cĂ©dĂ© si rapidement face Ă la rue. Reuters rapporte que cette dĂ©claration a eu un impact considĂ©rable sur la scĂšne politique nationale.
Le Premier ministre a fermement refusé de démissionner, accusant le président de vouloir « exploiter la crise pour provoquer des élections anticipées ».
Une mobilisation qui dépasse les clivages
Lâun des Ă©lĂ©ments les plus marquants de ces Bulgaria protests 2025 est la diversitĂ© des participants.
Syndicats, Ă©tudiants, retraitĂ©s, travailleurs du transport, agriculteurs, fonctionnaires : la contestation a rĂ©uni des catĂ©gories souvent opposĂ©es. Les chauffeurs de taxi ont bloquĂ© certaines artĂšres majeures. Les policiers eux-mĂȘmes ont exprimĂ© leur colĂšre en marge du mouvement, dĂ©nonçant des conditions de travail dĂ©gradĂ©es.
Selon Euronews, plusieurs groupes de travailleurs du secteur public, dont les enseignants et les infirmiÚres, ont annoncé des grÚves à répétition. Cette solidarité interprofessionnelle a donné au mouvement une puissance sociale rarement observée en Bulgarie.
La question de lâeuro au centre du dĂ©bat
DerriĂšre les revendications sociales, un enjeu structurel Ă©merge : lâadoption de lâeuro en 2026. Le budget retirĂ© incluait plusieurs mesures dâajustement destinĂ©es Ă rĂ©pondre aux critĂšres de convergence europĂ©ens. Toutefois, beaucoup de Bulgares redoutent une hausse gĂ©nĂ©rale des prix et une perte de pouvoir d’achat.
Ainsi, les protestations ont révélé un fossé entre les ambitions européennes du gouvernement et les préoccupations quotidiennes des citoyens.
Et maintenant ? Une Bulgarie face Ă lâincertitude
Le retrait du budget ne constitue pas la fin de la crise. Plusieurs scénarios sont désormais possibles :
- un nouveau projet de budget, plus consensuel ;
- des élections anticipées si le gouvernement continue de perdre du soutien ;
- une renĂ©gociation du calendrier dâentrĂ©e dans la zone euro.
Pour lâinstant, la tension reste Ă©levĂ©e. Les syndicats promettent de nouvelles mobilisations si leurs demandes ne sont pas prises en compte. Et lâopposition appelle Ă un changement total de cap.
Une chose est certaine : les Bulgaria protests 2025 resteront comme un moment charniĂšre dans lâhistoire politique rĂ©cente du pays.

