
Ă Marseille, une marche blanche sans banderole ni drapeau a rassemblĂ© Ă©lus, militants et citoyens pour honorer la mĂ©moire de Mehdi Kessaci, jeune homme de 20 ans assassinĂ© le 13 novembre dans un contexte de narcotrafic. Ce rassemblement, organisĂ© au rond-point oĂč il a Ă©tĂ© tuĂ©, symbolise un acte de rĂ©sistance face Ă la violence endĂ©mique qui gangrĂšne certains quartiers de la citĂ© phocĂ©enne.
Mehdi, frĂšre dâAmine Kessaci, militant Ă©cologiste particuliĂšrement engagĂ© dans la lutte contre le trafic de drogue, est considĂ©rĂ© par beaucoup comme une victime collatĂ©rale. Les enquĂȘteurs Ă©voquent la piste dâun « crime dâintimidation », visant en rĂ©alitĂ© Amine. Lui-mĂȘme sous protection policiĂšre depuis des mois, continue de mener un combat acharnĂ© contre les rĂ©seaux de narcotrafiquants, dĂ©nonçant leur emprise sur la vie locale et la montĂ©e des violences.
Le message de sa marche est limpide : « Justice pour Mehdi, 20 ans, mort pour rien. ». Il sâagit aussi dâun appel national : plus dâune vingtaine de villes en France ont prĂ©vu des rassemblements en solidaritĂ©, de Paris Ă Lyon, en passant par Bordeaux ou Poitiers.
Le dispositif de sĂ©curitĂ© Ă Marseille sâannonce particuliĂšrement sĂ©rieux. La prĂ©fecture dĂ©ploie des moyens consĂ©quents pour garantir le bon dĂ©roulement de la marche, tant pour protĂ©ger les participants que pour affirmer lâabsence de reddition devant la violence. Parmi les personnalitĂ©s politiques attendues figurent Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, et Vincent Jeanbrun, ministre dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© de la Ville. Le maire de Marseille, BenoĂźt Payan, a quant Ă lui lancĂ© : « Nâayez pas peur ; cette mafia ne nous fera pas taire. »
Pour Amine, cette marche marque lâespoir dâun tournant. Il a appelĂ© les milliers de participants à « se lever ensemble » face au narcotrafic, pour que cette tragĂ©die ne reste pas vainement symbolique, mais devienne le point de dĂ©part dâune mobilisation durable.
La mort de Mehdi Kessaci suscite une Ă©motion profonde, mais aussi une prise de conscience : le narcotrafic Ă Marseille nâest pas simplement un phĂ©nomĂšne criminel, il menace le tissu social, la cohĂ©sion dĂ©mocratique et la sĂ©curitĂ© des quartiers. En rĂ©unissant dĂ©putĂ©s, figures politiques nationales, citoyens et associations, la marche blanche rĂ©affirme la nĂ©cessitĂ© dâun engagement collectif contre les trafiquants.
Dans cette ambiance recueillie, silencieuse et rĂ©solue, chaque pas sur le bitume marseillais rĂ©sonne comme une promesse : celle de ne plus laisser la peur gagner. Une promesse que Mehdi, tragiquement, a payĂ© de sa vie â et que tous ceux qui marchent aujourdâhui portent comme un cri dâespoir : que ces drames cessent, et que la justice, enfin, triomphe.
